le printemps en septembre, bis

Dernière étape de la kontess’ au Printemps de Septembre : le Musée des Abattoirs. Avec un intérêt particulier pour la berlinoise Isa Genzken, dont je découvrais le travail, coloré et résolument contemporain, mélange de peinture, de collage, de travail à la bombe, réalisé sur de grandes feuilles de plexi augmentées de surface miroir pixélisée.

L’accès à l’espace d’exposition de Karla Black était étrangement condamné, dommage car l’installation avait l’air intéressante.

Coup d’œil aux oignons soigneusement peints en N&B par William Pope.L, disposés le long de l’allée centrale du musée, dont je n’ai pas vraiment saisi l’intérêt.

Dans la salle basse du Musée, consacrée à La dépouille de Minotaure en costume d’Arlequin, le rideau de scène que Picasso a réalisé en 1936 pour le 14 juillet de Romain Rolland, je découvre la blague de Josh Smith, ce dernier signant 2 pendrions éponymes, situés de part et d’autres du Minotaure.

C’est d’ailleurs dans ce décor que prend forme la performance de Ei Arakawa, dont j’évoquais le travail dans un précédent post (au Château d’Eau).

Ei Arakawa rend hommage au mouvement d’avant-garde japonais Gutaï. Né au milieu des années 1950, le Gutaï a rassemblé des artistes s’intéressant entre autre au rôle dévolu au corps de l’artiste, notamment à travers des performances, des œuvres in situ, des tentatives gestuelles et picturales suivant une même volonté : donner vie à la matière. Les Abattoirs possèdent un fond dédié à ce mouvement, souvent méconnu en Europe. Ici, les peintures de Akira Kanayama, Shozo Shimamoto, Atsuko Tanaka, Jiro Yoshihara et Kazuo Shiraga étaient de sortie, présentées sur de grand châssis à roulette, et disséminées dans l’espace.

Ei Arakawa, un des 5 membres du collectif new-yorkais Grand Openings, qui a récemment présenté une série de performances au MoMA (NY), a l’air réputé pour ses performances au caractère cafouilleux, et dont la structure est délibérément chaotique. Muni d’une feuille sur laquelle il a tracé ce qui ressemble à une conduite, il bafouille quelques explications avant d’improviser des « chorégraphies » rapides au milieu des toiles, qu’il déplace sans cesse avec ses assistants.

Et ça marche : Ei Arakawa parvient à donner vie à cette étrange addition d’œuvres (Picasso + Smith + gutaï), jouant avec les imprévus (l’alarme de protection du rideau peint par Picasso se déclenche inopinément), initiant une partie de cache-cache derrière les rideaux de Josh Smith puis, réalisant qu’il manipule un peu trop énergiquement la toile de Kazuo Shiraga « really fragile », s’en excusant auprès du personnel du musée, dans une confusion clownesque ayant l’air de dérouter une bonne partie de l’auditoire. Enfin un peu de peps dans cette programmation !

Avant de partir, j’ai entraperçu l’exposition HabiteR, qui regroupe une partie des dernières acquisitions de la collection Frac Midi-Pyrénées. J’ai flashé sur la photo de John Isaacs, qui remporte le prix du meilleur titre de l’année : What is that there is something and nothing. Plus loin, j’ai contemplé la grotte urbaine de Delphine Gigoux-Martin, Voyage autour de mon crâne part II, et me suis attardée devant les bâtons recouverts de textes (Tombeau pour Sawtche), réalisés par le poète toulousain Serge Pey, dont je ne connais pas le travail, mais sur lequel il faudrait que je me penche (il réalise des scansions performatives à partir de ces bâtons).

Voilà pour cette édition !

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